N’est pas consultant qui veut !

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Devenir consultant est-il aujourd’hui un choix par défaut ou le signe d’une volonté de s’épanouir dans sa carrière ?

Farid Yandouz : Être consultant est un excellent catalyseur de l’évolution professionnelle ! Il ne s’agit pas tout le temps d’une volonté de s’épanouir dans sa carrière. Vous noterez certainement qu’il y a souvent un amalgame extraordinaire dans l’utilisation du titre de consultant que ce soit au niveau des clients ou celui des prétendus consultants. Il n’y a pas de règle qui traduit et qui trace le parcours d’un consultant, mais on peut noter deux évolutions professionnelles conduisant à ce métier :
1. La maîtrise technique pointue qui positionne les compétences d’un expert en tant que référence dans son domaine.
2. La diversité inter-entreprise des expériences d’un expert sur des sujets qui lui permettent d’apporter du benchmarking efficace.

Une bonne expertise suffit-elle à se tailler une place dans le monde du consulting ?

Farid Yandouz : Afin de comprendre le type de compétences que le consultant devrait avoir, il est nécessaire de se projeter dans l’état d’esprit du client qui fait appel à ses services. Il ne suffit pas de s’autoproclamer consultant, ou d’évoluer selon les deux scénarios professionnels décrits ci-dessus, mais il faut vraiment qu’on soit réellement perçu en tant que tel. La perception du consultant par un client de ses prestations est généralement autour de la notion de conseiller de confiance (Trusted Advisor). Que ce soit dans les cas 1 ou 2 décrits précédemment, il est important que la posture du consultant suive la ligne de conduite autour de la confiance que le client accorde à son expertise proclamée. La littérature offre une multitude d’enseignements dans ce sens à l’instar du «Consulting au quotidien», ouvrage collectif coordonné par David Autissier et Jean-Michel Moutot (Édition Dunod).

Quels conseils pour ceux qui veulent se frayer un chemin vers le travail indépendant ?

Farid Yandouz : Les principes du consulting sont souvent mal compris non par mauvaise volonté, mais par mauvaise appréciation du contour du métier. Pour évoluer sereinement en tant que consultant, il est important de considérer que l’expérience peut être le pire ennemi. Les experts à la pointe de leurs domaines de spécialisation doivent combattre l’effet de suprématie que leur confère la durée de leur expérience, pour continuer à se remettre en question. Il s’agit d’un exercice difficile à entamer après 10, 15 ou 20 ans de confinement sur des problématiques, certes intéressantes, mais ne permettant pas d’avoir un recul suffisamment mature pour conseiller et positionner des solutions inédites au niveau des clients. Une fois, cette étape transcendée, l’image du consultant Trusted Advisors devient plus légitime auprès de ses interlocuteurs.

Interview réalisé par le premier quotidien marocain, Le Matin, le 11 Juillet 2016

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